Stratégie | 23/01/26

Le télescope d’Equinoxe – Quels marchés pour 2026 ?

Pour les lecteurs pressés, les points clés :

> Nous sommes globalement constructifs pour 2026 après une année pas si simple.

> Les marchés actions devraient pouvoir s’appuyer sur une croissance solide des bénéfices.

> L’élargissement de la dynamique positive à l’Europe et aux émergents devrait perdurer.

> Attention aux taux d’intérêt et préférence aux stratégies obligataires flexibles.

 

Comme pour la macroéconomie dans la précédente édition, nous explorons les perspectives sur les marchés financiers pour 2026, après une année 2025 qui semble bonne au 31 décembre mais a été loin de ressembler à une partie de plaisir. Il fallait avoir le cœur bien accroché car le trou d’air d’avril 2025 aura été la seule fenêtre d’opportunité, les marchés ayant ensuite repris leur marche en avant sans discontinuer. 2026 commence sur le même ton mais quels événements pourraient perturber cette trajectoire ?

 

Quel moteur pour les actions ?

Les marchés actions concluent une troisième année de forte performance, avec une forte dispersion néanmoins. Les plus grosses capitalisations ont de nouveau dominé les marchés, sous l’effet de l’investissement passif (ETF en particulier) qui achète aveuglément et amplifie les effets de concentration. Depuis 2024, la part de marché des fonds passifs est supérieure à 50% et bénéficie d’un cercle vertueux (ou vicieux selon les points de vue) : plus l’investissement passif progresse, plus il amplifie les tendances sur le marché, plus il fait persister la sous-performance des gérants actifs, plus les capitaux quittent la gestion active vers le passif.

L’an dernier, l’Europe a surperformé les Etats-Unis mais avec une différence majeure : toute la performance s’est faite sans croissance des bénéfices, c’est-à-dire sur une promesse future. Aux Etats-Unis, les bénéfices ont crû de 13%, proche de la croissance du marché. L’Europe bénéficiait de valorisations basses, ce qui n’est aujourd’hui plus autant le cas.

Cette année, nous espérons une progression correcte du marché grâce une progression des bénéfices (le consensus attend environ 10%). Les enjeux principaux seront les banques (la star du moment), la défense (le grand espoir) et le luxe (le revenant).

Nous restons aussi investis sur les petites capitalisations qui bénéficient d’un écart favorable de valorisation et des baisses de taux enregistrées récemment. Elles sont aussi plus immunes aux éventuelles inquiétudes de droits de douane qui pourraient resurgir en 2026.

 

Une autre année IA ?

La tech américaine progresse de nouveau de plus de 20% en 2025, troisième année de performance exceptionnelle pour le secteur après la correction de 2022. Nvidia, société largement inconnue avant 2021, est passée première capitalisation mondiale à plus de 4500 Mds de $.

Le point positif est que la croissance des bénéfices du secteur a été de 28% en 2025, ce qui veut dire que la performance est entièrement justifiée par les fondamentaux. Pour autant, la valorisation du secteur reste élevée, ce qui implique que la dynamique des résultats devra se poursuivre cette année pour justifier des multiples. A ce sujet, plusieurs questions se posent. D’abord, dans quelle mesure les investissements colossaux annoncés vont-ils grever la profitabilité des hyperscalers ? Ensuite, la croissance organique sera-t-elle toujours au rendez-vous si une partie des marchés de publicité digitale commencent à migrer vers OpenAI et les LLM ? Enfin, quelle concurrence la Chine va-t-elle opposer aux firmes américaines sur l’IA et quelle adoption en feront les consommateurs et les entreprises ?

Au total, nous pensons qu’il faut rester investi – mais pas surinvesti – sur le secteur, qui reste une locomotive des marchés actions.

 

Le moment émergent ?

Les marchés émergents ont traversé un cycle très difficile avant leur réveil en 2025. Les déterminants du point de bascule ont été similaires au passé : une baisse du dollar, un cycle de taux baissier par la Fed, une croissance mondiale stable. La différence avec le passé est le poids désormais majeur de la Chine et un rebond de ce marché était indispensable. La politique chinoise semble s’être infléchie et le gouvernement a redonné sa bénédiction aux grands champions nationaux, en charge de mener la bataille mondiale de l’IA.

Nous sommes donc constructifs pour les actions émergentes en 2026. Le marché indien reste l’une de nos convictions de long terme mais a subi un coup de mou en 2025. Pour la première fois depuis longtemps, l’Inde est moins chère que le reste des émergents, alors que la croissance des bénéfices reste forte et que le gouvernement Modi a repris du poil de la bête pour dynamiser l’économie. Nous y restons investis malgré la mauvaise passe.

Nous avons aussi augmenté notre allocation à la dette émergente en devise locale, qui pourra bénéficier en plus de taux d’intérêt plus élevés dans ces zones, de la dépréciation du dollar. En effet, nous pensons que le dollar peut se maintenir contre l’euro mais s’affaiblir contre les devises émergentes, comme cela a été le cas au second semestre 2025.

 

La direction des taux d’intérêt ?

Si les taux d’intérêt des banques centrales ont baissé en 2025, tel n’a pas été le cas pour les taux de long terme en Europe. Le taux à 10 ans allemand a augmenté de 0.5%, le taux français de 0.35%. Cette pentification de la courbe reflète à la fois des anticipations de croissance un peu plus élevées, des dépenses publiques aussi plus élevées et un ancrage plus ferme de l’inflation autour de 2%.

Nous restons peu confiants sur la direction des taux en 2026 même si les banques centrales sont toujours plutôt orientées à la baisse. Nous ne prenons donc pas de positions marquées sur la duration et préférons le crédit, dont le potentiel a certes baissé avec la compression des spreads, mais reste plus élevé et plus fiable.

Dans un marché désormais cher, nous réduisons les fonds datés qui ont été un immense succès depuis 2023 et revenons sur des stratégies moins contraintes qui peuvent aller chercher la valeur là où elle se trouve.

 

Quels foyers de risque cette année ?

Géopolitique : le plus évident est l’hyperactivité du Président américain qui peut à tout moment ressortir ses droits de douane et créer du désordre, à l’image de l’an passé. Ce risque nous semble plus bas cependant, du fait de l’échéance des élections de mi-mandat en novembre.

Economique : une inflation plus robuste qui contraindrait la Fed à serrer la vis, une croissance plus morose aux Etats-Unis.

Sectoriel : tout va très vite sur l’IA et l’euphorie d’hier peut faire place au scepticisme si les promesses ne sont pas tenues. Attention en particulier à OpenAI et ses projets d’introduction en bourse.

Financier : le levier est désormais important sur les marchés, de même que les valorisations, deux facteurs susceptibles d’amplifier les baisses.

 

 

L’équipe Equinoxe

 

 

Avertissement : Ce document est fourni exclusivement à titre d’information générale et ne constitue en aucun cas un conseil en investissements financiers, une recommandation ou une proposition d’achat ou de vente. Equinoxe ne saurait être tenu responsable des conséquences financières d’une décision prise sur la base de ces informations et vous invite à solliciter un conseil adapté et la documentation associée. Par ailleurs, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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