Pour les lecteurs pressés, les points clés :
> Le marché a joyeusement accueilli l’accord iranien qui valide l’idée que l’administration Trump voulait en finir à tout prix.
> Les banques centrales sont placées dans un dilemme entre hausse de l’inflation et chute du prix du pétrole.
> Difficile de ne pas accompagner le momentum de la tech suite à l’IPO de SpaceX. Nous sommes aussi positifs sur les marchés émergents.
> C’est l’heure du bilan d’étape pour notre fonds Solstice Sélection qui souffle sa troisième bougie.
Macro
Accord et à travers. Les marchés ont poursuivi leur marche en avant en juin, en anticipation de l’accord iranien qui a finalement été bouclé cette semaine. Cet accord valide notre thèse de départ qui était que les Etats-Unis voulaient clôturer cette guerre à tout prix, y compris celui de franchir plusieurs de leurs lignes rouges. Il semble effectivement que l’accord soit même plus favorable à l’Iran que la situation d’avant conflit, notamment en matière d’enrichissement d’uranium et de gel des avoirs à l’étranger. Le seul argument de l’administration Trump est d’avoir « tondu la pelouse », c’est-à-dire détruit assez d’infrastructures militaires par les bombardements pour éloigner la menace de plusieurs années. L’accord a été remarquablement critiqué à l’intérieur du camp républicain et marque aussi une rupture avec Israël, le tout sacrifié sur l’autel des élections de mi-mandat.
Dilemme. La bonne nouvelle est néanmoins la réouverture du détroit d’Ormuz qui a précipité la chute du pétrole en dessous des 80$ grâce au passage des pétroliers et aux annonces des producteurs de reprise d’activité. Les analystes sont unanimes pour considérer que 75$ constituent un plancher à court terme, ce qui implique que le potentiel de rebond est largement épuisé (Graphique 1). En revanche, ces éléments font bouger les lignes pour les banques centrales qui sont prises dans un dilemme. La BCE a monté ses taux en début de mois devant la montée de l’inflation mais le reflux est peut-être déjà au coin de la rue. La Fed s’est réunie cette semaine pour la première fois sous la direction de K. Warsh. Il a imprimé sa marque en réduisant drastiquement le texte du communiqué et en manifestant sa réticence à donner des indications pour le futur. Le marché l’a plutôt interprété comme une disposition à remonter les taux si besoin. Si la direction des taux courts est complexe à ce stade, nous pensons que le dollar est dans une dynamique favorable pour les prochains mois et restons positifs sur le billet vert.
Le pétrole devrait rester au-dessus des 75$

Source : Bloomberg, Equinoxe – juin 2026
Vers l’infini et au-delà. Elon Musk a eu le talent de faire coïncider l’IPO de SpaceX avec la sortie de Toy Story 5. Le titre a fait « pop » comme prévu puisque non moins de 23 banques d’investissement avaient été missionnées pour faire flamber le cours : la société arrive d’emblée dans le top 5 des plus grosses capitalisations mondiales. Au-delà des questions sur le multiple de valorisation et sur la promesse, SpaceX réactive le narratif de l’exceptionnalisme américain et le momentum sur la tech, en attendant OpenAI et Anthropic. Il semble très hasardeux à court terme d’aller contre ce momentum même si les arguments contre sont valables : l’augmentation massive des capex qui modifient radicalement la structure de coût des hyperscalers, la concurrence accrue entre eux et donc le possible affaissement du pricing power, et la concurrence chinoise dans un monde compartimenté.
Orient extrême. Nous gardons enfin notre appétit pour les marchés émergents pour des raisons contrastées. D’un côté, les marchés tech de Taiwan et la Corée suivent la dynamique américaine et celle des semiconducteurs en général. De l’autre, l’Inde a atteint des niveaux de valorisation extrêmement bas après une annus horribilis (sa capitalisation boursière totale est plus basse que celle de Nvidia). Pour un marché qui devrait à terme être le deuxième au monde après les Etats-Unis, le point d’entrée est à considérer. Entre les deux, nous voyons un potentiel de rattrapage en Chine où l’Etat est revenu à des politiques pro-business dans la confrontation avec D. Trump et la course à l’IA.
Edition spéciale : 3 ans du fonds Solstice Sélection
Le pourquoi du comment. Lancé en juin 2023, le fonds Solstice Sélection est une stratégie d’allocation sur toutes classes d’actifs qui a été construite avec pour vocation de remplacer le fonds euro. Son objectif, fixé au départ, était de générer une performance de l’ordre de 6% par an, soit environ le double de celle du fonds euro, avec des baisses aussi limitées que possible. Pourquoi éviter le fonds euro ? D’abord, les études montrent que sur le long terme, la performance du fonds euro est inférieure à celle de l’inflation. La garantie en capital n’est donc qu’optique puisque le pouvoir d’achat n’est, lui, pas garanti. Ensuite, le fonds euro est largement exposé à la dette française, un actif que nous jugeons risqué à moyen terme dans le contexte de la loi Sapin 2. Enfin, le fonds euro est le seul placement au sein de l’assurance-vie qui est soumis à la fiscalité en cours de vie, puisque les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année.
Promesse tenue. Quel bilan peut-on tirer des trois ans écoulés ? Le fonds a réalisé une performance annualisée de 6,2%, avec une volatilité de 4,8% (Graphique 2). La promesse est donc tenue : une performance significativement au-dessus de celle du fonds euro et une volatilité modérée, proche de celle de l’obligataire. Sur Quantalys, le fonds est logiquement catégorisé en « Allocation Flexible Prudente » et son ratio de Sharpe (qui traduit le rapport entre rendement et risque) est plus du double de celui de son indicateur de référence (25% actions et 75% obligations). Néanmoins, tout n’est pas parfait. D’abord, le fonds a subi une perte maximale trop forte autour de la crise des droits de douane d’avril 2025 : il a perdu 7,8% en 5 semaines, ayant été pris au dépourvu avec une part actions élevée à ce moment-là (~40%). Ensuite, le dernier trimestre 2025 a été très décevant, avec plusieurs convictions perdantes, notamment sur les petites capitalisations et l’Inde.
Performance de Solstice Sélection

Source : Bloomberg, Equinoxe – juin 2026
Diversifier, c’est la clé. Nous tirons pour l’avenir les leçons de ce qui a moins bien marché sur ces trois ans. Nous gardons désormais une allocation aux actions de l’ordre de 25% en rythme de croisière, avec des déviations seulement en cas d’opportunité claire. Nous avons aussi réduit la taille des positions plus satellites, pour éviter qu’une idée perdante n’impacte trop la performance globale du fonds. Pour autant, nous pensons que l’approche générale, qui met fortement l’accent sur la diversification et la variété des stratégies, a prouvé sa valeur depuis 2023 pour générer une performance satisfaisante sans à-coups majeur. En moyenne, nous estimons que la diversification entre les stratégies à l’intérieur du fonds réduit sa volatilité d’environ 40%. Le travail sur l’allocation et la sélection permettent bien de construire une alternative pertinente au fonds euro.
Bénéficier de la volatilité. Concernant le positionnement actuel, l’exposition aux actions est autour de sa moyenne de 25% puisque le marché reste porteur sans pour autant de point d’entrée remarquable. La part de l’obligataire a été réduite en revanche, le portage s’étant réduit avec la baisse des spreads de crédit et le risque que l’inflation pousse les taux d’intérêt à la hausse. Nous avons fortement renforcé en 2026 les stratégies qui bénéficient de hausses de volatilité car nous observons des comportements de plus en plus erratiques et des « trous d’air » liés à la valorisation élevée des actifs. Enfin, l’exposition aux zones émergentes reste élevée, reflétant notre conviction que ces marchés offrent le meilleur potentiel pour la suite de l’année.
Portez-vous bien !
L’équipe Equinoxe
Avertissement : Ce document est fourni exclusivement à titre d’information générale et ne constitue en aucun cas un conseil en investissements financiers, une recommandation ou une proposition d’achat ou de vente. Equinoxe ne saurait être tenu responsable des conséquences financières d’une décision prise sur la base de ces informations et vous invite à solliciter un conseil adapté et la documentation associée. Par ailleurs, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.